L'histoire de Lourdes

L’histoire de Lourdes s’est écrite au matin du 11 février 1958

 

Je vous la raconte comme l’on raconterait  une belle histoire, sauf que celle-ci a une authenticité. Vous la retrouverez plus détaillée dans deux ouvrages exceptionnels qui illustrent à la perfection ce magnifique récit : « Lourdes, récit authentique des apparitions» et « Bernadette vous parle » qui ont été écrits par l’abbé René Laurentin, et publiés aux éditions LETHILLEUX.

L’ensemble de ces récits sont issus d’un ensemble d’ouvrages, certes fastidieux à la lecture mais remplis de témoignages et annotations vérifiés et extrêmement détaillés, ce qui en font une référence  de taille sur ce qui s’est réellement passé à Lourdes (Lourdes, documents  authentiques en 7 volumes, et Lourdes, histoire authentique des apparitions en 6 volumes). Autre personnage le journaliste et écrivain catholique : Henri Lasserre qui a écrit un grand nombre d’ouvrages sur Lourdes dont celui sur les apparitions, à la demande de l’abbé Peyramale.

Pour vous, visiteurs de ce site, je vais me limiter à décrire de façon la plus consensuelle possible la période de 1844 (année de naissance de Bernadette à Lourdes) jusqu’à sa mort au couvent de Saint Gildard à Nevers, en 1879.

 

LOURDES

 janvier 1844 - juillet 1866

 

Louise Castérot épouse de François Soubirous donne naissance le 7 janvier 1844, au Moulin de Boly, à Marie-Bernarde, communément appelée Bernadette en patois local. Elle sera baptisée en l’église de Lourdes dans le baptistère encore présent. Elle aura deux frères, Jean Marie et Justin, et une sœur, Toinette. Suite à un accident survenu à sa mère, Bernadette est mise quelques temps en nourrice chez Marie Laguës (qui venait de perdre son unique fils âgée de 18 jours), à la ferme de Bartrès, à trois kilomètres de Lourdes.

A ses 10 ans, Bernadette va déjà vivre son premier traumatisme, la ruine de ses parents qui ne pouvant plus payer le loyer du moulin, doivent le quitter pour un autre domicile provisoire, la maison Laborde. A l’automne 1855, un deuxième traumatisme va toucher Bernadette, c’est son état de santé qui va subir une première alerte, puisqu’à l’automne 1855, elle est atteinte du choléra qui fait rage dans la région mais elle en survivra.

S’enchaîne encore des soucis d’argent pour la famille de Bernadette, puisque son père a dû se mettre en recherche de travail, étant passé de maître meunier dans ses beaux jours, il est désormais contraint de devenir homme de bras à la journée, pendant que son épouse est employée aux ménages, lavages, extras au café,  travaux des champs. C’est donc Bernadette qui est en charge de garder frères et sœurs. Lorsqu’il n’y a pas de travail pour la mère, ce sont les enfants qui sont mis à l’épreuve, ramassage du bois pour la revente.

A l’âge de 13 ans, Bernadette va travailler chez sa tante Bernarde au cabaret Nicolau. Elle est employée aux travaux de maison, couture, où elle excelle, garde les enfants de sa tante, sert au comptoir. Hélas, cela ne suffit pas pour faire vivre toute la famille, au contraire, la situation s’enlise et toujours pas d’école pour Bernadette. Pour quelques temps, la famille séjournera en sous location dans un « pauvre réduit » à la maison Rives, mais ce n’est que du provisoire, où aller ? où trouver pis ?

C’est par l’intermédiaire du cousin Sajous, que la famille de Bernadette va se voir « offrir » une nouvelle habitation qui n’est en fait qu’un minuscule réduit de 16m2 situé au rez-de-chaussée de l’ancienne prison désaffectée de Lourdes et que l’on appelle communément « le cachot ».

Sajous y logeait des journaliers espagnols travaillant aux carrières, se couchant à même le sol, avec une puanteur de fumier provenant de la cour arrière.

Dans cette « prison », c’est la misère qui continue, avec une famille ruinée, ont dit des parents Soubirous que ce sont des buveurs, des paresseux, mais que leur bon cœur aura été pour beaucoup dans leur ruine.

En mars 1857, c’est une épreuve que doit affronter le père Soubirous accusé de vol de deux sacs de farine, ce qui le conduira en prison quelques jours. L’affaire se dénouera huit jours plus tard avec un non-lieu, faute pour le procureur de pouvoir fonder l’accusation.

En septembre 1857, la « nourrice » de Bernadette, Marie Laguës a besoin d’une aide pour garder les brebis, s’occuper des enfants, des travaux de la maison ; cela fera quelques sous aux Soubirous pour survivre. Pour Bernadette, ce n’est pas une chance, elle qui se préparait à Lourdes pour sa première communion, lire, écrire et apprendre le catéchisme. Mais c’est Marie Laguës qui va essayer d’instruire la petite Bernadette, mais en vain car  rien y fait, Bernadette ne parvient pas à apprendre, « Tiens, tu es trop bête ! Jamais tu ne pourras faire ta communion » s’écrit la nourrice en envoyant le catéchisme par la chambre.

Quel désespoir, non Bartrès n’est pas la vie facile, les agneaux que l’on va tuer, le petit Jean dernier né et troisième fils survivant de Marie Laguës qui meurt à son tour, des conditions de travail de plus en plus rude.

 

 C’est en janvier 1858 que François Soubirous comprend que sa fille ne peut plus subir l’excessive austérité de sa nourrice, il prend la décision de la ramener à Lourdes. C’est décidé, on va s’occuper de Bernadette, il faut qu’elle aille à l’école et qu’elle fasse sa première communion.  Ce sont les sœurs de Nevers qui vont l’accueillir. Pour Bernadette, sa toute première joie c’est de retrouver le « cachot » et tous les siens, de retrouver la maigre pitance, l’air vicié qui affectait sa respiration asthmatique.

Telle était la vie en ce matin du 11 février 1858 chez les Soubirous. Ceux que la police était venue chercher parce qu’ils étaient les plus pauvres,  la Vierge va aussi s’adresser à eux.

 

LES APPARITIONS

 

Jeudi 11 février 1858 : Première apparition
La première rencontre

Accompagnée de sa sœur et d'une amie, Bernadette se rend à Massabielle, le long du Gave, pour ramasser des os et du bois mort. Enlevant ses bas pour traverser le ruisseau et aller dans la Grotte, elle entend un bruit qui ressemblait à un coup de vent, elle lève la tête vers la Grotte : "J'aperçus une dame vêtue de blanc : elle portait une robe blanche, un voile blanc également, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied". Bernadette fait le signe de la croix et récite le chapelet avec la Dame. La prière terminée, la Dame disparaît brusquement.

 

Dimanche 14 février 1858 : Deuxième apparition
L'eau bénite

Bernadette ressent une force intérieure qui la pousse à retourner à la Grotte malgré l'interdiction de ses parents car on la prend pour folle. Sur son insistance, sa mère l'y autorise ; après la première dizaine de chapelet, elle voit apparaître la même Dame qu’elle nommera « Aquéro » cela, « Querat lo !...la voici », Dira-t-elle. « Je me mis à lui jeter de l'eau bénite tout en lui disant : si elle venait de la part de Dieu de rester sinon de s’en aller… ». La Dame sourit et incline la tête. La prière du chapelet terminée, elle disparaît.

 

Jeudi 18 février 1858 : Troisième apparition

La Dame parle

Bernadette est accompagnée d’Antoinette Peyret et de Madame Milhet afin « d’éclaircir cette affaire ».

Pour la première fois, la Dame parle. Bernadette lui présente une écritoire et lui demande d'écrire son nom, « Boulet aoue era bouentat de mettre voste noum per escriout ». Aquero, la Dame blanche rit. Elle lui dit : "N’ey pas necessari » Ce n'est pas nécessaire, et elle ajoute : "Boulet aoue ra gracia de bié aci penden quinze dias ? » Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours?". Bernadette répond : oui.

A cette promesse répond une autre promesse. « Nou proumeti pas deb hé urousa en este mounde, mès en aoute », Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l'autre.

 

 

 

Vendredi 19 février 1858 : Quatrième apparition
Le premier cierge

Un petit groupe de grandes personnes rejoint Bernadette qui est déjà agenouillée devant la Grotte avec un cierge bénit et allumé que lui a tendu Tante Bernarde. A peine « trois Je vous salue Marie », et « sa figure change » ; elle devient « très pâle » : « On dirait de la cire », pense Germaine Raval. Sa bouche est entrouverte. « Ses yeux ne vacillent pas. » Elle sourit.

 

 

 

Samedi 20 février 1858 : Cinquième apparition
La grande tristesse

Une trentaine de personnes sont présentes ce jour-là avec Bernadette à la Grotte. Elle s’agenouille et tourne la tête vers la niche – A présent, elle voit ! murmurent les femmes. Oui, Bernadette voit la Dame. « Aquero » lui a appris une prière personnelle. A la fin de la vision, une grande tristesse envahit Bernadette.

 

 

 

Dimanche 21 février 1858 : Sixième apparition

"Aquero"

Ce dimanche 21 février, ce n’est pas moins qu’une centaine de personnes que l’on retrouve devant la Grotte, La Dame se présente à Bernadette. Elle est ensuite interrogée par le commissaire de police Jacomet. Il veut lui faire dire ce qu'elle a vu

- …Et alors, Bernadette, tu vois la Sainte Vierge ?

- Je ne dis pas que j’ai vu la Sainte Vierge

-Ah bon ! tu n’as rien vu !

- Si quelque chose, j’ai vu !

- Alors qu’as-tu vu ?

- Quelque chose de blanc

- C’est quelque chose ou quelqu’un ?

- Cela « Aquero » a la forme d’une petite fille

- Et cela ne t’a pas dit : Je suis la Sainte Vierge ?

- « Cela » ne me l’a pas dit.

………………….

Bernadette ne lui parle que d' "Aquero" (cela).

 

Mardi 23 février 1858 : Septième apparition

Le secret

Entourée d’une centaine de personnes,  des femmes bien sûr, mais aussi Mr. Estrade, des contributions indirectes, M. Dufo, membre du conseil de l’ordre des avocats et conseiller municipal, le docteur Dozous, M. de La Fitte, intendant militaire retraité, et même M. Duplessis, capitaine des dragons en uniforme. Bernadette se rend à la Grotte. L'Apparition lui révèle un secret "rien que pour elle ".

 

Mercredi 24 février 1858 : Huitième apparition

«Pénitence !»

Deux à trois cent personnes sont présentes à la Grotte. Le message d’Aquero à Bernadette : "Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour la conversion des pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! "

 

 

Jeudi 25 février 1858 : Neuvième apparition

La source

A deux heures du matin, déjà un grand nombre de personnes accourt vers la Grotte. Pour s’abriter de la pluie, tout le monde s’agglutine sous le rocher, un tronc d’arbre, une arrête du rocher sont pris d’assaut. Trois cents personnes sont présentes, des gens de la « basse classe » mais aussi des gens « de la société ». Ce qui se passe ce matin-là est tout simplement stupéfiant, Bernadette marche à genoux sur les cailloux dans la Grotte,  Bernadette raconte : "Elle me dit d'aller boire à la source (…). Je ne trouvai qu'un peu d'eau vaseuse. Au quatrième essai je pus boire. Elle me fit également manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine puis la vision disparut et je m'en allai." Devant la foule qui lui demande: "Sais-tu qu'on te croit folle de faire des choses pareilles ?, elle répond : "C'est pour les pécheurs."

 

 

 

 

Samedi 27 février 1858 : Dixième apparition

Silence

Huit cents personnes sont présentes. L'Apparition est silencieuse. Bernadette s’agenouille, baise la terre, se penche au milieu d’une plaque d’herbes lobées, et porte à ses lèvres une « eau terreuse » boit l'eau de la source et accomplit les gestes habituels de pénitence.

 

Dimanche 28 février 1858 : Onzième apparition

Pénitence

Plus de mille personnes assistent à l'extase. Bernadette prie, baise la terre et rampe sur les genoux en signe de pénitence. Un peu plus chaque jour, on va puiser à la source dont le débit augmente.
Bernadette est ensuite emmenée pour un interrogatoire chez le juge Ribes qui la menace de prison.

 

Lundi 1er mars 1858 : Douzième apparition

La première miraculée de Lourdes

Plus de mille cinq cents personnes sont rassemblées et parmi elles, pour la première fois, un prêtre, Antoine Dézirat. Dans la nuit, Catherine Latapie, une villageoise de Loubajac situé à 6 kilomètres de Lourdes, s’est levé de bon matin pour se rendre à la Grotte. En effet, n’a-t-elle pas eu cette nuit-là, une idée qui la réveille, lui réchauffe le cœur : Cours à la Grotte et tu seras guérie. Suite à une chute de sur un chêne, elle s’est retrouvée avec une épaule retournée que le médecin a remis en place, mais avec une paralysie de deux doigts et d’un médius à demi courbé, mais le bras est malgré tout resté très affaibli. Arrivée à la Grotte, elle trempe sa main dans l'eau bourbeuse de la source : une grande douceur alors l’a envahie, sa main retrouve sa souplesse.

 

Mardi 2 mars 1858 : Treizième apparition

Le message aux prêtres

La foule grossit de plus en plus, vers minuit les premiers visiteurs descendent à Massabielle, à sept heures du matin, lorsque Bernadette arrive, ils seront 1650 personnes. La Dame lui demande : "Allez dire aux prêtres qu'on vienne ici en procession et qu'on y bâtisse une chapelle". Bernadette en parle à l'abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu'une chose : le nom de la Dame.

 

Mercredi 3 mars 1858 : Quatorzième apparition

Le sourire de la Dame

Dès 7 heures le matin, en présence de trois à quatre mille personnes, Bernadette se rend à la Grotte, mais la vision n'apparaît pas ! Après l'école, elle entend l'invitation intérieure d’Aquero. Elle se rend de nouveau à la Grotte et la Dame est là, souriante qui l’attend.Ce sera cout, mais tellement bon…

De nouveau, Bernadette rend visite à l’abbé Peyramale insistant sur le fait que la Dame veut toujours sa chapelle.

-      Tu lui as demandé son nom ?

-      Oui, mais elle ne fait que sourire

-      Eh bien, si elle veut la chapelle, qu’elle dise son nom et fasse fleurir le rosier de la Grotte.

 

Jeudi 4 mars 1858 : Quinzième apparition.

Huit mille personnes à la Grotte

La foule toujours plus nombreuse, c’est jour de marché à Lourdes, environ huit mille personnes attendent un miracle à la fin de cette quinzaine. La vision est silencieuse, elle aura été plus longue que les précédentes, elle aura duré trois bons quarts d’heure. De retour au cachot, sa cousine Jeanne Védère, la questionne :

-      Pourquoi t’y es-tu pris à trois fois pour faire ce beau signe de Croix ?

-      « Aquéro » ne l’avait pas encore fait. Je ne pouvais pas arriver la main jusqu’au front…

-      Pourquoi étais tu tantôt gaie, tantôt triste ?

-      Je suis triste quand « Aquéro » est triste, et je souris quand elle sourit

-      Et pourquoi as-tu regardé dans ce trou (niche) ?

-      « Aquéro » était descendue là. Si vous aviez étendu tant soit peu la main, vous l’auriez touchée.

-      Et pourquoi parlais-tu si bas que je n’ai rien entendu ?

-      Nous parlions comme je vous parle maintenant…

 Pendant vingt jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte : elle n'en ressent plus l'irrésistible  attrait.

 

Jeudi 25 mars 1858 : Seizième apparition

La Dame révèle enfin son nom

L’apparition va durer plus d’une heure au bout de laquelle « Aquéro » révèle enfin son nom. A quatre reprises Bernadette tente de se souvenir de la question à poser à la Dame, cette phrase qu’elle a retourné dans sa tête durant ses trois dernières semaines, hélas, elle n’arrive pas à la réciter et s’embrouille dans les paroles, ce n’est  qu’au bout de la quatrième tentative que la Dame va s’adresser à Bernadette qui raconte : "Elle leva les yeux au ciel, joignant en signe de prière ses mains qui étaient tendues et ouvertes vers la terre, et me dit: Que soy era Immaculada Councepciou". Bernadette part en courant et répète sans cesse, sur le chemin, des mots qu'elle ne comprend pas. Ces mots troublent le brave curé Peyramale. Bernadette ignorait cette expression théologique qui désigne la Sainte Vierge et n’a pu inventer ces mots. Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait une vérité de la foi catholique (le dogme).

 

Mercredi 7 avril 1858 : Dix-septième apparition

Le miracle du cierge

IL est 5 heures du matin, déjà près d’un millier de personnes sont là. Un dernier arrivant se présente à gauche de Bernadette, c’est le docteur Dozous, lui précisant qu’il vient au nom de la science afin d’étudier le fait religieux qui s’accomplit ici et demande à poursuivre cette étude.  Pendant cette Apparition, Bernadette tient son cierge allumé, ses mains enveloppent la mèche du cierge comme entre deux valves d’un coquillage, à travers les doigts entrouverts, la flamme éclaire de lumière vive les paumes incurvées, et cela sans se brûler, cela va durer dix minutes.  Dozous  examine les mains de Bernadette, essuie l’une d’elles du revers de sa manche et murmure – Il n’y a rien !  

 

Du 7 avril au 16 juillet 1858 : Rien, Bernadette s’efface…

 

 

Vendredi 16 juillet 1858 : Dix-huitième apparition

La toute dernière apparition

En ce 16 juillet, fête de Notre Dame du Mont Carmel, Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte. C’est à 8 heures du soir qu’elle s’y rend, mais par-delà le Gave, car l’accès à la Grotte est interdit et elle est fermée par une palissade. Elle  voit la Vierge Marie, une ultime fois : "Il me semblait que j'étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, je ne voyais que la Sainte Vierge, jamais je ne l'ai vue aussi belle !".

 

 

FIN DE L’ÉPISODE DES APPARITIONS DE LOURDES

 

****************

 

LA PÉRIODE TRANSITOIRE

 

Bernadette reverra-t-elle encore la Sainte Vierge ? L’Apparition ne le lui a pas dit et elle ne l’a pas demandé. Par instinct, elle sait qu’elle ne doit pas forger sa vie sur ce qu’elle vient de vivre depuis le 11 février. Bernadette va continuer son chemin de foi.

C’est la dernière fois que Bernadette a vu, sur cette terre, la Sainte Vierge.

 

Le temps des apparitions étant clos, Bernadette se trouve confrontée à son passé mouvementé et va subir de nombreux interrogatoires et visites qui resteront in quantifiables, des gens venus de la France entière, et d’au-delà des frontières. Des propositions d’enrichissement, de mariage lui ont même été faites. La famille quittera le cachot quelques temps après les apparitions pour d’autres logements quelque peu plus décents. Bernadette a fait sa première communion. Mais c’est l’état de santé qui est préoccupant avec de nombreuses crises d’asthme qui l’amène à faire des séjours à Cauterets, tout cela ponctué par les obligations que remplit Bernadette, elle travaille car il faut bien vivre, elle fait des gardes d’enfants à la journée, tente de combler son retard scolaire, aide à la maison, et enfin répond aux sollicitations des visiteurs qui sont de plus en plus nombreux à vouloir rencontrer la voyante. Tout cela perturbe Bernadette et sa famille à tous les niveaux, gêne dans le travail, des finances qui se dégradent, bref, une décision va s’imposer.

C’est l’abbé Peyremale qui reprend son projet de l’automne 1858 et propose en juillet 1860, le placement de Bernadette chez les sœurs de la Charité de Nevers, où elle y trouve instruction et pension. S’en suivront les épisodes de visites toujours aussi nombreuses, les miracles constatés, les rechutes.

En septembre 1863, la rencontre avec le sculpteur Fabish va être retentissante. Sur les témoignages recueillis auprès de Bernadette, il  va sculpter la Sainte Vierge qui sera positionnée dans la cavité de la Grotte telle qu’elle y apparaît aujourd’hui.

Le 4 avril 1864, Bernadette annonce à la supérieur de l’hospice une grande nouvelle : « Je sais maintenant, ma chère mère, où je dois me faire religieuse - Chez vous, ma chère mère ». Le postulat s’effectuera durant l’année 1865.

 

 

15 juin – 4 juillet 1866

Les adieux à Lourdes et le départ pour Nevers

Et voici le temps des adieux à Lourdes, à la Grotte.

C’est un échange incessant de visites que Bernadette effectuera avec ses amies, les sœurs de l’hospice, avec le  petit Jean-Marie Doucet cet infirme de mars 1858 guéri grâce à elle. C’est la dernière séance de photos avec les sœurs de l’hospice.
L’après-midi du 3 juillet, ce sont les adieux à la Grotte de Massabielle, ce fût pour Bernadette un arrachement :

« Grotte, je ne reverrai plus »

« O ma mère, comment pourrai-je vous quitter ? »

« Oh ! de grâce, c’est pour la dernière fois »

« Laissez-moi encore un moment »

« C’est la dernière fois »

« C’est fini, jamais plu de ma vie je ne reviendrai à Lourdes »

 

NEVERS

 juillet 1866 – avril 1879

Le voyage de Lourdes à Nevers va s’étaler sur quatre jours, étapes à Bordeaux, Périgueux et Nevers.

L’arrivée de Bernadette au couvent de Saint Gildard est un évènement.

Le dimanche 8 juillet après-midi, novices et postulantes sont réunies dans la salle du noviciat. Généralement, le costume est pris ce jour-là, mais exception est faite par Mère générale de rester en couleur locale, ce qui permet de voir Bernadette, telle que vue par l’intermédiaire des clichés des différents photographes. C’est aussi un moyen de trancher « l’avant » et « l’après », le passé de Lourdes dont va parler Bernadette une dernière fois, et le silence où elle va entrer en prenant l’habit religieux et ce le 29 juillet, elle devient novice, son nom de religieuse sera Sœur Marie-Bernard.

Malgré tout, sa vie de religieuse à Nevers sera ponctuée par les visiteurs venant de toute la France. Elle sert à l’infirmerie. Déjà début 1866, son asthme s’aggrave, elle doit s’aliter, des quintes de toux incessantes tel que, le 25 octobre, elle est au plus mal, on lui administre même l’Extrême Onction. Le conseil de la communauté décide de la recevoir à la profession. Chose est faite par Monseigneur Fourcade, évêque de Nevers. L’année 1866 finit sur une triste nouvelle : Louise Castérot, sa mère décède le jour de la fête de l’Immaculée Conception. « Tant mieux, car elle est au ciel », dira-t-elle. En février 1867, Bernadette quitte l’infirmerie pour reprendre son noviciat.

De nouvelles épreuves se préparent pour Bernadette. Et c’est toujours, la nostalgie de Lourdes, de la Grotte qui envahie son esprit, et toujours la corvée des visites. Le 30 octobre 1867 Bernadette fait définitivement sa profession qui s’en  suit de la remise de « l’obédience » que reçoit chaque religieuse qui se voit affectée dans une maison de la congrégation avec une fonction à accomplir. Pour Sœur Marie-Bernard, ce fût un exercice difficile, car à la demande de Monseigneur Fourcade qui préside la cérémonie, auprès de la mère générale :   - Et Sœur Marie-Bernard ?, - Monseigneur, elle n’est bonne à rien, répondit elle. Bernadette sera gardée par charité, attitrée à l’infirmerie, au nettoyage.

Avec sa profession, Bernadette rentre dans la vie active avec le balai incessant de visites : photographe, prêtres, évêques et même prince, et l’écrivain Henri Lasserre, guéri d’une maladie des yeux par l’eau de la Grotte et grand historien de Lourdes, certes tous triés sévèrement par la supérieure, on ne garde que l’inévitable. L’année 1871 affecte Bernadette dans sa profonde intimité, elle perd son père qu’elle adorait tant, cette même année sa sœur Toinette perd sa fille Bernadette et son fils Bernard, Lucile Castérot sa plus jeune tante, Quelque temps après, Bernadette devient aide –infirmière et elle devient même infirmière principale de la maison mère en 1872.

L’hiver 1872-1873 sera une nouvelle épreuve pour Bernadette, sa santé s’est détériorée, la convalescence ne se fera qu’au printemps, mais rechute en juin. L’Extrême Onction lui est donné pour la troisième fois. Fin octobre 1873, Bernadette est déchargée de sa fonction à cause de santé.

Avec l’hiver 1874-1875 Bernadette entre dans une dernière phase de sa vie où « son emploi » comme elle dit est celui de ses maladies, mais qui sera encore riche de rencontres et principalement avec les novices et postulantes ponctuées par les encouragements prodigués.

Durant la période 1875-1878, Bernadette sera de plus en plus confinée à l’infirmerie avec plusieurs rémissions. Le flot des visites tend à diminuer.

Du 1 au 3 juillet 1876 à Lourdes, ce sont les cérémonies du couronnement de la Vierge et la consécration de la basilique. Bernadette reçoit les pèlerins de Nevers et leur remet des lettres dont une à la Vierge elle-même, une pour le curé, une pour l’évêque, et d’autres pour sa famille.

Le 8 septembre 1877, Bernadette est éprouvée à la lecture d’un télégramme arrivé à Nevers indiquant l’agonie de l’abbé Peyramale qui décèdera le lendemain.

En décembre 1878, Bernadette s’alite définitivement, ne lui permettant que quelques va-et-vient du lit au fauteuil, ses dernières maladies seront une tuberculose pulmonaire, une carie des os, une tumeur au genou avec des souffrances atroces. Bernadette connaît un bonheur éphémère : la venue à Nevers de son frère Jean-Marie Soubirous qui après nombre de délibérations, il lui fût accordé de voir sa sœur. De même en mars 1879, elle recevra la dernière visite familiale, celle de sa sœur Toinette accompagnée de son beau-frère Joseph Sabathé (il n’a pas été précisé sur le lieu de la rencontre et si le beau-frère a pu la voir, a-t-elle été descendue au fauteuil ?)

Une quatrième fois, elle reçoit l’Extrême Onction, le 28 mars. – J’ai été guéri toutes les fois que je l’ai reçue

Durant la semaine sainte (6-13 avril), les escarres deviennent intolérables, mais elle lutte encore.

Bernadette va s’éteindre  dans l’après-midi du 16 avril à l’âge de 35 ans, le crucifix sur sa poitrine, entourée de trois religieuses en prière avec elle. L’avant-veille de sa mort, elle dira : « Je suis moulu comme un grain de blé ».

 

 ****************

Bernadette Soubirous sera béatifiée le 14 juin 1925, elle sera canonisée, déclarée sainte le 8 décembre 1933.

(contient des extraits du site http://fr.lourdes-france.org)

Contactez-nous

Notre service client est disponible 24h/24, 7j/7

Tél. :05 62 91 13 14

Contacter notre service client